mardi 23 février 2016

Adresses à Grenade : Los Diamantes


Los diamantes, dans le quartier historique de la ville de Grenade de la navas, loin des coins touristiques de l’Alhambra se trouve une adresse on ne peut plus authentique los diamantes, (« les diamants » littéralement). Cette maison fondée au début des années 40 restée dans son jus de l’après guerre se situe dans une petite rue à côté du cinéma Isabelle la catholique (tout un programme, puis qu’il y a un festival du film de science fiction) et du Corte Ingles, bien loin des restaurants touristiques du mirador San Nicola. On y trouve une foule exceptionnelle contrée sur quelques mètres carrés, tous des locaux, venus boire un verre ou « comer » après leur journée de travail. Et que mangent-ils donc ? Des fritures… Et aux Diamantes on ne fait pas les choses qu’à moitié ou presque puisque les tapa peuvent se prendre en « medio racion ».


 À la carte beaucoup de poissons : des anchois, des chipirones (petits poulpes), les calamars frits (que je vous recommande vivement, avec un peu de citron), ou tout simplement le poulpe qui arrive en tranche assaisonné avec du cumin, ce qui lui donne un goût tout particulier. Très vite, on se sent étouffé si l’on ne parvient pas à obtenir une table, il faut en général commander des plats puis poser ses assiettes sur une table et les autochtones vous laisseront progressivement plus de place.Les assiettes sont très copieuses, et les prix tout à fait raisonnable (6 € la medio racion/ 9 € la racion) Pour les claustrophobes et agoraphobes (car c’est un petit endroit bourré) aller à son adresse Plaza Nueva ; il est le seul restaurant local qui n’est pas « mui turistico », mais est moins « authentico » que sa maison mère ; la nourriture et les prix restent les mêmes, mais il y a 3 fois plus de place, et une fois et demie moins de monde, beaucoup plus de lumière, et un côté cantine décorée par Ikea qui casse l’ambiance locale. Bref, une adresse inévitable des bon vivants et des épicuriens à Grenade.


12-20 € /personne
Ambiance : authentique et locale
Note : 8,1 / 10

dimanche 20 avril 2014

Wurthering Heights (1939)

L'incontestable, l'unique et ultime livre d'Émily Brontë, dans une version plus vivante que le livre en lui-même, le tout exécuté par un trio d'acteurs remarquable sous la main du maître William Wyler : David Niven, Laurence Olivier et Merle Oberon.

Ce film retrace la vie sinistre et bucolique d'une génération dans l'Hinterland anglais. Mr. Earnshaw, un homme pastoral aisé, père de Hindley et Catherine (alors enfants) vit paisiblement aux Hauts de Hurle-vent avec ses domestiques Joseph et Nelly. Mais alors qu'il rentre d'un voyage de Liverpool, il ramène un bohémien prénommé Heathcliff, qui sera abhorré par Hindley mais adoré pare Catherine et son père. À l'adolescence, après la mort de Mr. Earnshaw, Hindley deviendra maître et le traitera en esclave. Lorsque Catherine et Heathcliff se balade dans les champs, ils entendent le bruit entrainant d'une valse à Thurcross Grange, propriété des Linton, l'aristocratie et bourgeoisie locale. Mais ils se font molestés par les dogues gardant l'entrée qui dormaient dans le jardin.  Tandis que les notables accourent vers la blessée, Edgar Linton subjugué par le charme de celle-ci ,chasse Heathcliff, sale et malvêtu. Catherine tombera littéralement amoureuse de la richesse et des fastes qui semblent représenté Thurcross Grange.
Et puis Catherine, rentrée à Hurle-vent commence à renier et mépriser son ami et amour d'enfance à cause de ses manières de gitans. Edgar, qui après de nombreuses visites auprès de Catherine projète de se marier avec elle. S'en suit alors un profond gouffre entre l'amour et l'opulence, l'âme et la richesse.

Le film est la plus courte des adaptations d'un livre. Ici le détail de la lande anglaise est beaucoup mise en avant que dans le livre. C'est un point à double tranchant : la version est épurée et plus simple mais l'on y retrouve plus ces pages et pages de description sur les scènes agrestes des steppes du Yorkshire, et c' est ce qui fait une partie de la richesse du livre : cette allure lente fait ressentir la paisibilité de cette campagne austère et hostile. Mais le jeu des acteurs, bien qu'Hollywoodien, nous fait ressentir les mêmes problèmes et sensations que dans le livre même si cet ouvrage est unique au monde (certains pourront dire le contraire). La version est assez fidèle même si celle de 2012 est celle qui respecte le plus l'oeuvre bicentenaire; cela-dit la version récente est une version moins populaire et plus un film d'art et d'essai, ce qui est un peu ennuyeux (peut-être comme le livre me direz-vous). Néanmoins William Wyler fait ici l'élipse des 200 dernières pages du livre...

Bref, c'est un classique à voir , où l'on prend plaisir et chagrin pour ce film oscarisé en 1940 (meilleure photographie ) et nominé 8 fois.

NOTE : 8,3 /10
 Les Hauts de Hurle-vent (1939), de William Wyler



vendredi 18 avril 2014

Il Boconccino

Accueillis par un personnel aussi francophone que francophile ainsi qu'une délicieuse odeur de Tonarelli Cacio e Pepe ou de Tiramisù , nous entrons dans le plus romain des bistrots. On s'accommode assez vite à ce petite trattoria à deux rues du Colisée, bien que la décoration ne soit pas aussi travaillé et antique que son voisin colossal , la gentillesse romaine fait vite oublier cette boutade.

Les entrées sont essentiellement composées de salades, de charcuteries, et d'autres somptueux hors d'oeuvre. Les plats sont des spécialités du Lazio ( région de Rome) : notamments les boccatini all'amatricciana ( des spaghetti épaisses avec une sauce tomate et une fricassée de bacon), les fameuses Tonarelli Cacio e Pepe ( le même genre de pâtes mais avec une sauce au fromage et du poivre en abondance).

Les desserts sont extraordinaires du tiramisù à la pistache à la fameuse crème citronnée de Luisa en passant par les sabaillons, les goûts et les saveurs ne manquent pas.

Le meilleur bistrot à côté du Colisée et du Forum pour un prix très abordable (à deux 45€ sans le vin).

NOTE:  17,7/20
Prix : €€

mercredi 9 avril 2014

ECONOMIX

Un pavé de 300 pages mais quand même court, quel est ce livre ? Economix, un livre qui figure souvent dans le présentoir des librairies de quartier ou dans les grands magasins et qui n'a pas tardé à devenir un Best-seller outre-Atlantique, couronné par une jungle d'articles sensationnels .

Une couverture d'un rouge communiste encadre ce livre qui est une bible de la vulgarisation en bande dessinée du capitalisme et de l'économie sous tous ses angles historiques ( d'Adam Smith à la crise des supprimes), en glissant quelques anecdotes, mais le plus souvent des jeux d'humour entre les dessins et les textes .

Le livre raconte et explique comment fonctionne une économie de guerre, qu'est-ce que le capitalisme social, la crise en fonction des différents gouvernements , pourquoi dix ateliers de production de clous produisent moins qu'une usine, … Un certain nombre d'élément qui rendent la lecture plaisante et jubilatoire.


Des Nobel d'économie s'immiscent dans les pages comme des mouettes dans le ciel et ce sont par moments des personnages comme Alan Greenspan (président de la réserve du Trésor américain), Franklin D. Roosevelt , ou John Maynard Keynes qui adressent la parole au lecteur, ce qui crée  une impression de familiarité dans ce monde de brutes. Même si le format noir et blanc de cette "B.D." dérange les liseurs les plus tatillons, quelques minutes suffiront pour s'habituer 

Le jargon boursier et financier est traduit à la fin de ce puis où le lecteur veut s'enfoncer pendant des heures. Il explique plus précisément le "bazar" budgétaire des États-unis qui à travers magouilles ou guerre ont gonflé un pays en une usine de billets verts.

NOTE : 8,9/10
ECONOMIX, de M.Goodwin et D.Burr, éditions Les Arènes



mercredi 2 avril 2014

Le Tombeau des Lucioles

Un dessin animé tout simplement exceptionnel; la poésie, la tristesse, et la sûreté de la guerre rythment ce chef d'oeuvre d'Isao Takahata, un des réalisateurs fondateurs des studios Ghibli.

L'action se situe durant l'été 1945, à Kobé, où Seita, un adolescent de 15 ans, Setsuko, sa petite soeur de 4 ans et leur mère vivent paisiblement dans l'attente de leur père marin qui ne répond plus aux lettres de la famille depuis des mois. Jusqu'au jour où un raid aérien américain survient et déferle sur la ville une vague de bombes incendiaires. La mère se sépare des deux enfants et gagne un abri qui est bombardé dans l'heure. Seita et Setsuko, après s'être cachés ils vont à la recherche de leur mère dont l'abri a été bombardé : elle succombera finalement aux brûlures mais sans que Setsuko ne le sache. Son frère refuse de lui expliquer sa mort et invente l'histoire d'un longue convalescence à l'hôpital. Les deux vagabonds qui n'ont plus de foyer, sont hébergés par leur tante qui les accueille chaleureusement pensant que leur mère "est" au dispensaire. Mais dés qu'elle apprend
la nouvelle, elle devient alors une marâtre et considère des neveux comme des fardeaux pour sa famille. Frère et soeur quittent le domicile familial pour rejoindre un abri. Dés lors ils y subiront les affres de la faim, de la souffrance, de la fièvre mais aussi du mensonge, du déni et d'une mort lente qui s'éternise…

Ce film destiné à un public relativement jeune est en fait un dessin animé-documentaire sur les exactions commises des deux côtés pendant la guerre; la haine des américains sur les japonais comme celle des militaires sur les civils. Un film émouvant qui montre le mode de vie japonais de la guerre : le rationnement, le couvre-feu, les pagodes, l'indifférence des grands propriétaires ou des médecins. Mais c'est surtout la désolation et le vide qui sont au centre de ce film ( notamment la scène des ruines à Kobé ou bien encore la scène de fin). Isao Takahata a aussi insisté sur le retour à la vie civile des Japonais, après la capitulation en tant que pays vaincu, et montre encore plus l'inutilité du conflit;  qu'a-t-il apporté ? As-t-il fait avancer les choses ? Les conditions de visse sont elles améliorées en faisant cette guerre ?

Un Mélodrame aussi intelligent qu'émouvant, aussi réel que tragique, bref le meilleur dessin animé japonais de son temps.

NOTE : 9,6/10



Le tombeau des lucioles (1988), film d'Isao Takahata, 1h21

jeudi 27 mars 2014

Exposition Auguste au grand Palais

Chers lecteurs la critique gastronomique lorsqu'elle n'est pas tempérée devient vite lassante pour ceux qui la lisent. C'est donc pourquoi j'ai décidé d'élargir mon champ avec les expositions, les endroits et les films à voir, les livres à lire mais tout en laissant la tradition de la critique culinaire sur le blog.

La pluie est à son comble, le boulevard est désert, le ciel est morose et la queue, transparente. Quelques lyonnais curieux ou allemands en quête de divertissement compose la moindre foule qui attend derrière Clémenceau. L'arrivée dans cette Compostelle de l'exposition temporaire est agréable bien que singulière par le fait de voir cette entrée, d'habitude bondée, si vide


Une frise assez bien présentée nous raconte les différentes étapes de la vie d'Auguste et de son temps. Celle-ci est suivie par le majestueux buste de marbre d'Auguste en armure (bien entendue celui-ci est idéalisé). Suit ensuite des bas-reliefs relatant la bataille d'Actium en 42 av. J-Cet de la victoire d'Auguste célébrée ensuite dans tout l'empire romain.Des statues des adversaires politiques d'Auguste, de ses sous-fifres sont présentées à côté d'un arbre généalogique de Livie, femme d'Octavien (Auguste donc). Des pièces provenant des plus importants musées d'Italie seront présentées dans les salles suivantes, de l'immense coupe de marbre, aux fragments de l'autel de la paix (à rome) en passant par les masques de Théâtre, représentant les trois genres de théâtre antiques (comédie, satyre et tragédie), et qui préfigurent la Comedia dell'arte.


Le deuxième étage accessible par l'imposant escalier IIIéme empire repose essentiellement sur des objets provenants d'anciens lieux de villégiature, tels que Pompéii (une sorte de Deauville de L'époque); des objets de la vie de tous les jours qui ne semblent pas avoir 2000 ans; des tables pliantes, des trépieds, des miroirs, des bouteilles, et caetera. Des explications savantes sur la religion, l'organistion des provinces et sur le système monétaires sont illustrés à travers de vastes cartes accompagnées de texte. Des reconstitutions du théâtre d'Arles ou du Trophée des Alpes, à Tarbes et le buste massif d'Auguste (justement provenant d'Arles) concluent l'exposition.


Une très belle exposition, l'occasion d'étendre ses connaissances sur la civilisation latine et sa langue, et de comprendre les émotions, la méchanique et le fonctionnement de celle-ci ! A voir absolument AVEC audioguide !


NOTE : 8,1/10

Prix : compter 15€ (par presonne avec audioguide- sans 10€)

lundi 17 mars 2014

Le Vin de Bellechasse

Musée d'Orsay ; pole interurbain des échanges culturels internationaux, des Japonais aux Ouzbeks en passant par les Maliens et les Roumains : une DES zones les plus cosmopolite de la ville lumière où se côtoient jacassements de touristes ou les "Marrons chauds, marrons chauds" des vendeurs ambulants en quête de fortune.

C'est en s'aventurant dans la rue de Bellechasse, sorte de canal de Suez pour touristes, que l'on trouve une masse de boutique sans intérêt et de restaurants tous aussi abominables, les uns que les autres. Alors que la rue s'enfonce dans le Boulevard Saint-Germain, un petit restaurant encaissé entre un traiteur "chinois" (si on appelle ça de la cuisine) et un mur immense se dresse. Ce midi au restaurant, c'est une véritable foire aux ovins à Brive-Lagaillarde, l'éclairage sombre, des braillements d'assoiffés aux ragots de commères,

bref, c'est une tragicomédie à lui tout seul! C'est un peu la cantine,les gens se bousculent au comptoir comme aux tables et cinq minutes au minimum  sont requises pour enfin obtenir une place.

Le personnel ainsi que le Patron vous accueilleront à bras ouvert, et vous raconterons deux ou trois blagues (ou plus ça dépend sur qui vous tombez)  pour tuer le temps. Assis. Torticolis pour regarder l'ardoise à l'autre bout de salle. Le cadre est celui d'un bistrot parisien typique style "Audiard", petit plafond, damier, banquettes rouges, caricatures, comptoir,…

Les entrées sont simples, mais délectables et bien évidemment typiquement françaises : les ravioles de Royan qui se distinguent par leur bonne préparation :  la sauce légère et subtile qui les coiffe, la bonne dosée de Poivre, l'excellente qualité des produits et la parfaite cuisson. Il y bien sûr de l'Andouillette A.A.A.A.(que je ne vous recommande pas sauf pour les amateurs -qui doivent être peu nombreux, voir inexistants), du foie gras, des entrées "tricolores" par excellence. Pour les plats, la côte de boeuf d'1 kg (58 €), mais ce sont ce surtout le Saumon "Gilbert bécaud" (un saumon mariné dans une sauce douce et puissante ) ou le fameux faux-filet ( accompagné d'une béarnaise excessivement et louchement délicieuse). Vous vous en sortirez avec un plat aux alentours de 18 € mais des formules avantageuses existent à midi.

Les desserts sont rarement bons, d'ailleurs je le dis, sont presque tous mauvais. Des glaces qui ont plus un goût de barre chocolatée achetée dans un distributeur de station de métro qu'autre chose mais bon "personne n'est parfait ! " comme le dit la morale de "Certains l'aiment chaud".

NOTE : 7,7/10
Prix : €€
20 rue de Bellechasse, 75007