dimanche 20 avril 2014

Wurthering Heights (1939)

L'incontestable, l'unique et ultime livre d'Émily Brontë, dans une version plus vivante que le livre en lui-même, le tout exécuté par un trio d'acteurs remarquable sous la main du maître William Wyler : David Niven, Laurence Olivier et Merle Oberon.

Ce film retrace la vie sinistre et bucolique d'une génération dans l'Hinterland anglais. Mr. Earnshaw, un homme pastoral aisé, père de Hindley et Catherine (alors enfants) vit paisiblement aux Hauts de Hurle-vent avec ses domestiques Joseph et Nelly. Mais alors qu'il rentre d'un voyage de Liverpool, il ramène un bohémien prénommé Heathcliff, qui sera abhorré par Hindley mais adoré pare Catherine et son père. À l'adolescence, après la mort de Mr. Earnshaw, Hindley deviendra maître et le traitera en esclave. Lorsque Catherine et Heathcliff se balade dans les champs, ils entendent le bruit entrainant d'une valse à Thurcross Grange, propriété des Linton, l'aristocratie et bourgeoisie locale. Mais ils se font molestés par les dogues gardant l'entrée qui dormaient dans le jardin.  Tandis que les notables accourent vers la blessée, Edgar Linton subjugué par le charme de celle-ci ,chasse Heathcliff, sale et malvêtu. Catherine tombera littéralement amoureuse de la richesse et des fastes qui semblent représenté Thurcross Grange.
Et puis Catherine, rentrée à Hurle-vent commence à renier et mépriser son ami et amour d'enfance à cause de ses manières de gitans. Edgar, qui après de nombreuses visites auprès de Catherine projète de se marier avec elle. S'en suit alors un profond gouffre entre l'amour et l'opulence, l'âme et la richesse.

Le film est la plus courte des adaptations d'un livre. Ici le détail de la lande anglaise est beaucoup mise en avant que dans le livre. C'est un point à double tranchant : la version est épurée et plus simple mais l'on y retrouve plus ces pages et pages de description sur les scènes agrestes des steppes du Yorkshire, et c' est ce qui fait une partie de la richesse du livre : cette allure lente fait ressentir la paisibilité de cette campagne austère et hostile. Mais le jeu des acteurs, bien qu'Hollywoodien, nous fait ressentir les mêmes problèmes et sensations que dans le livre même si cet ouvrage est unique au monde (certains pourront dire le contraire). La version est assez fidèle même si celle de 2012 est celle qui respecte le plus l'oeuvre bicentenaire; cela-dit la version récente est une version moins populaire et plus un film d'art et d'essai, ce qui est un peu ennuyeux (peut-être comme le livre me direz-vous). Néanmoins William Wyler fait ici l'élipse des 200 dernières pages du livre...

Bref, c'est un classique à voir , où l'on prend plaisir et chagrin pour ce film oscarisé en 1940 (meilleure photographie ) et nominé 8 fois.

NOTE : 8,3 /10
 Les Hauts de Hurle-vent (1939), de William Wyler



vendredi 18 avril 2014

Il Boconccino

Accueillis par un personnel aussi francophone que francophile ainsi qu'une délicieuse odeur de Tonarelli Cacio e Pepe ou de Tiramisù , nous entrons dans le plus romain des bistrots. On s'accommode assez vite à ce petite trattoria à deux rues du Colisée, bien que la décoration ne soit pas aussi travaillé et antique que son voisin colossal , la gentillesse romaine fait vite oublier cette boutade.

Les entrées sont essentiellement composées de salades, de charcuteries, et d'autres somptueux hors d'oeuvre. Les plats sont des spécialités du Lazio ( région de Rome) : notamments les boccatini all'amatricciana ( des spaghetti épaisses avec une sauce tomate et une fricassée de bacon), les fameuses Tonarelli Cacio e Pepe ( le même genre de pâtes mais avec une sauce au fromage et du poivre en abondance).

Les desserts sont extraordinaires du tiramisù à la pistache à la fameuse crème citronnée de Luisa en passant par les sabaillons, les goûts et les saveurs ne manquent pas.

Le meilleur bistrot à côté du Colisée et du Forum pour un prix très abordable (à deux 45€ sans le vin).

NOTE:  17,7/20
Prix : €€

mercredi 9 avril 2014

ECONOMIX

Un pavé de 300 pages mais quand même court, quel est ce livre ? Economix, un livre qui figure souvent dans le présentoir des librairies de quartier ou dans les grands magasins et qui n'a pas tardé à devenir un Best-seller outre-Atlantique, couronné par une jungle d'articles sensationnels .

Une couverture d'un rouge communiste encadre ce livre qui est une bible de la vulgarisation en bande dessinée du capitalisme et de l'économie sous tous ses angles historiques ( d'Adam Smith à la crise des supprimes), en glissant quelques anecdotes, mais le plus souvent des jeux d'humour entre les dessins et les textes .

Le livre raconte et explique comment fonctionne une économie de guerre, qu'est-ce que le capitalisme social, la crise en fonction des différents gouvernements , pourquoi dix ateliers de production de clous produisent moins qu'une usine, … Un certain nombre d'élément qui rendent la lecture plaisante et jubilatoire.


Des Nobel d'économie s'immiscent dans les pages comme des mouettes dans le ciel et ce sont par moments des personnages comme Alan Greenspan (président de la réserve du Trésor américain), Franklin D. Roosevelt , ou John Maynard Keynes qui adressent la parole au lecteur, ce qui crée  une impression de familiarité dans ce monde de brutes. Même si le format noir et blanc de cette "B.D." dérange les liseurs les plus tatillons, quelques minutes suffiront pour s'habituer 

Le jargon boursier et financier est traduit à la fin de ce puis où le lecteur veut s'enfoncer pendant des heures. Il explique plus précisément le "bazar" budgétaire des États-unis qui à travers magouilles ou guerre ont gonflé un pays en une usine de billets verts.

NOTE : 8,9/10
ECONOMIX, de M.Goodwin et D.Burr, éditions Les Arènes



mercredi 2 avril 2014

Le Tombeau des Lucioles

Un dessin animé tout simplement exceptionnel; la poésie, la tristesse, et la sûreté de la guerre rythment ce chef d'oeuvre d'Isao Takahata, un des réalisateurs fondateurs des studios Ghibli.

L'action se situe durant l'été 1945, à Kobé, où Seita, un adolescent de 15 ans, Setsuko, sa petite soeur de 4 ans et leur mère vivent paisiblement dans l'attente de leur père marin qui ne répond plus aux lettres de la famille depuis des mois. Jusqu'au jour où un raid aérien américain survient et déferle sur la ville une vague de bombes incendiaires. La mère se sépare des deux enfants et gagne un abri qui est bombardé dans l'heure. Seita et Setsuko, après s'être cachés ils vont à la recherche de leur mère dont l'abri a été bombardé : elle succombera finalement aux brûlures mais sans que Setsuko ne le sache. Son frère refuse de lui expliquer sa mort et invente l'histoire d'un longue convalescence à l'hôpital. Les deux vagabonds qui n'ont plus de foyer, sont hébergés par leur tante qui les accueille chaleureusement pensant que leur mère "est" au dispensaire. Mais dés qu'elle apprend
la nouvelle, elle devient alors une marâtre et considère des neveux comme des fardeaux pour sa famille. Frère et soeur quittent le domicile familial pour rejoindre un abri. Dés lors ils y subiront les affres de la faim, de la souffrance, de la fièvre mais aussi du mensonge, du déni et d'une mort lente qui s'éternise…

Ce film destiné à un public relativement jeune est en fait un dessin animé-documentaire sur les exactions commises des deux côtés pendant la guerre; la haine des américains sur les japonais comme celle des militaires sur les civils. Un film émouvant qui montre le mode de vie japonais de la guerre : le rationnement, le couvre-feu, les pagodes, l'indifférence des grands propriétaires ou des médecins. Mais c'est surtout la désolation et le vide qui sont au centre de ce film ( notamment la scène des ruines à Kobé ou bien encore la scène de fin). Isao Takahata a aussi insisté sur le retour à la vie civile des Japonais, après la capitulation en tant que pays vaincu, et montre encore plus l'inutilité du conflit;  qu'a-t-il apporté ? As-t-il fait avancer les choses ? Les conditions de visse sont elles améliorées en faisant cette guerre ?

Un Mélodrame aussi intelligent qu'émouvant, aussi réel que tragique, bref le meilleur dessin animé japonais de son temps.

NOTE : 9,6/10



Le tombeau des lucioles (1988), film d'Isao Takahata, 1h21